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General Elektriks, l’expert qualité

 

Rencontre avec le prodige, le patron de la General! In extremis, le groupe d’Hervé Salters alias General Elektriks remplace « the Mighty Underdogs » sur la scène du 22 au Printemps de Bourges 2009. Une chance pour nous, admirateurs des bondissements chroniques du claviériste le plus prisé du Hip-hop californien!

 

Tu es parti en Californie il y a dix ans. Qu’est-ce qui t’a amené à quitter la France ?
Ma femme Sarah est moitié-Américaine. Nous sommes allés en vacances à San Francisco et sommes totalement tombé amoureux de cette ville. 3 Mois plus tard, nous avions déménagé là-bas. Ce n’était pas uniquement un choix musical, mais plutôt un choix de vie, l’envie de vivre quelque chose de différent, de bouger.

Ton deuxième album est résolument plus soul et pop que le premier plutôt hip-hop, notamment avec des invités du label Quannum comme Lateef… Pourquoi ce léger revirement ?
Pour moi, il y a toujours un élément hip hop assez fort dans le second disque, notamment au niveau du procédé d’enregistrement et des programmations rythmiques. Comme le premier disque, j’ai quasiment tout fait dans mon garage avec des claviers et des samplers, comme un producteur de hip hop. Ceci-dit, tu as raison, le résultat final est plus ouvertement Soul et Pop. Je voulais faire un disque plus organique que le premier et m’éloigner un peu de l’esthétique de collage sonore qui le caractérise. Plus j’avançais, plus je réalisais que la manière la plus naturelle d’arriver à ce résultat serait d’avoir sur l’album un personnage central, c’est-à-dire une plus grande présence vocale de ma part. Du coup, ça laissait moins de place pour des featurings, et l’ensemble est plus porté par des mélodies de voix que le premier album.

On peut lire dans plusieurs interviews que tu collectionnes les claviers. As-tu quelques anecdotes à nous raconter sur certains de tes claviers ?
Il y a effectivement cette idée qui circule selon laquelle je serais un collectionneur compulsif de claviers vintage! A vrai dire, je suis avant tout joueur de clavier. Et si j’achète des claviers d’époque, c’est pour en jouer, par pour les regarder. Je ne sais pas du coup si je suis vraiment un collectionneur pur jus. Pour ce qui est de l’anecdote, un des derniers claviers que j’ai acheté est un RMI Electra-piano du début des années 70. Depuis plusieurs années, il y avait un son que j’entendais sur les disques de Fela, de WAR ou de Gil Scott-Heron que je n’arrivais pas à identifier. Et puis un jour, je suis entré dans une petite boutique pas très loin de chez moi, The Starving Musician. Il y avait un vieux clavier au fond du magasin. Je demande au gars de le brancher sur un ampli. BAM! C’était ce son! Je l’ai acheté, et on l’entend d’ailleurs pas mal sur « Good City For Dreamers ». J’ai notamment utilisé le son de Harpsichord du RMI sur « Raid The Radio ».

On peut dire que tu fais partie des musiciens francophones les plus prolifiques. Tu as invité sur ta tournée Seb Martel et Jessie Chaton. Tu peux nous parler de tes futurs projets en collaboration avec d’autres artistes français ?
En fait, la plupart des projets que j’ai en route actuellement sont des collaborations avec des américains. Le 2eme album de mon autre projet, Honeycut, devrait être prêt d’ici l’automne. Ceci-dit, je travaille aussi comme tu le soulignes avec des Français. C’est en France que j’ai fait mes premières armes musicales et j’y ai toujours beaucoup d’attaches. J’ai posé récemment des claviers sur des morceaux de Blundetto, nouvel artiste parisien dont le premier album devrait paraitre cet automne. J’ai aussi participé à quelques morceaux pour le nouveau disque de Thierry Stremler. Boombass doit faire un remix de Raid The Radio d’ici peu de temps. Les copains quoi.


En 2001, tu débarques du côté de San Francisco, et te retrouves au sein du label « Quannum project », entre autre, clavier du duo «Blackalicious». Comment t’es-tu intégré à ce prolifique label hip hop ?
C’est mon ami Vincent Ségal qui m’avait donné l’email de Chief Xcel, le DJ producteur de Blackalicious et un des membres fondateurs de Quannum Projects. J’ai envoyé un message à X en lui disant que je jouais des claviers et que je venais d’arriver en ville. Il m’a appelé le lendemain et m’a dit: « viens ce soir au studio avec ton clavinet ». Ça a collé tout de suite. Du coup, je me suis mis à poser des claviers pour beaucoup des projets estampillés Quannum, et notamment à tourner comme tu le remarques avec Blackalicious.

Depuis la sortie de ton premier opus en 2004, et celle de « good city for dreamers » cette année, quelles ont été tes préoccupations ? Les différents projets que tu as pu mener ?
La tournée Blackalicious a justement eu lieu juste après la première tournée GE, vu que l’album de Blacka derrière lequel nous tournions, « The Craft », est sortit en 2005. Pendant cette tournée, j’ai aussi commencé à bosser sur ce qui allait devenir mon deuxième projet, Honeycut, avec Bart Davenport et Tony Sevener, deux garçons de San Francisco. Le premier album, « The dau i turned to glass », est sortit sur Quannum Projects en automne 2006. Malheureusement, pour de sombres histoires de banqueroute de distributeur, l’album n’est pas sortit en Europe. Mais nous avons tourné derrière l’album aux USA pendant une bonne année. C’est pendant les périodes de break que j’ai commencé à travailler sur « Good City For Dreamers ». En plus de tout ça, j’ai continué à poser des claviers pour différents projets: Lifesavas, Lyrics Born, Curumin, Jel, The mighty Underdogs, etc…

 

Propos Recueillis en avril 2009 lors du festival du Printemps de Bourges 2009 Par Thomas Jankev GUEZOU pour Paplar Magazine et Les Oreilles de Jankev.

Crédits photos : Jankev © 2010

« Take Bake The Instant » – General Elektriks Live in Nantes by GranCrew

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