“Peut-être qu’un jour les kids racketterons Housse de Racket?”

Retour sur plusieurs mois passés après la sortie de leur premier opus intitulé « Forty love », rencontre avec le binôme à visière fluo aux Francofolies de La Rochelle.

Au moment de la sortie de votre disque « Forty Love » vous avez dit avoir voulu chanter en Français pour le côté « exotique » qui plaît énormément, notamment au Japon ou en Angleterre. Aujourd’hui, comment se passe votre rapport avec le public étranger ?
Nous ressentons toujours ce côté exotique. Les choses sont en train de changer. Évidemment, les artistes issus de la french touch ont initié un mouvement libérateur pour grand nombre de groupes français. Récemment, des groupes comme Justice ou Yelle ont renforcé ce sentiment. Nous venons de jouer à Dublin, à Tokyo, à Hong Kong, à Amsterdam et nous jouons de plus en plus souvent à Londres et en Angleterre, terre ô combien sensible quand il s’agit de pop music. Mais, les salles sont pleines et nous ressentons un frémissement qui n’est pas désagréable. A l’époque de la sortie de « Forty Love », ce discours était quasiment un fantasme, un pari sur l’avenir. Maintenant nous avons un gros agent anglais (nous allons faire une tournée de dix dates en Angleterre en octobre) et notre disque sort au Japon cet automne. Le pari est donc partiellement réussi.

Après un concert à Londres, un anglais dans le public nous a dit qu’il n’avait même pas réalisé que nous chantions en français. C’est bon signe, la langue n’est plus une barrière. Quand nous étions petit on ne comprenait rien aux paroles de Michael Jackson et pourtant… C’est le futur pour nous, dématérialiser le propos pour que la musique s’exprime à 100%. Le pouvoir de la musique commence là où s’arrête celui des mots.

Vous avez travaillé avec Gonzales, récemment détenteur du record du monde du plus long concert. Il apparaît d’ailleurs sur un des morceaux de l’album. Comment s’est passée cette collaboration ?
Nous avons rencontré Gonzales grâce à Tekilatex (de TTC et boss du label Institubes) que nous devions accompagner sur scène. Gonzales s’est intéressé à nos maquettes et nous a proposé d’enregistrer des chœurs et un solo de synthé sur « Champions« .  C’est une chanson qui parle du rapport amour / haine avec le public…C’est le morceau le plus « cheesy » de l’album et je pense que c’est ce qui lui a plu. C’était un peu avant la sortie de son album « Soft Power » et nous avons partagé notre amour pour cette ambiance « grande chanson de variété américaine des années 70 » ! Récemment, Victor à rejoint Gonzales sur scène pour sa série de concert au Ciné 13. C’était juste avant sa tentative de record, il était très concentré… Gonzales est un pitre à prendre au sérieux !

Est-ce que d’autres artistes ont, ou vont travailler avec vous sur de nouveaux projets, des remixes ?
Nous allons jouer dans quelques jours au Château de Versailles. Nous avons été invités par Christophe à l’occasion de son concert au bassin de Neptune. On est assez fiers ! Nous allons jouer notre dernier single « Synthétiseur » qui vient de sortir.A cette occasion, nous avons été remixé par plein d’artistes supers: Mix Hell (qui est le projet electro de Iggor Cavalera, batteur de Sepultura !), The Teenagers, Das Glow et Van She… Nous nous sommes remixés nous mêmes, un exercice de style hyper dur… Sinon, on a joué sur la bande originale du film « les Beaux Gosses » de Riad Sattouf, composée par notre pote Flairs. Ce film est culte !

Vous avez été découverts il y a déjà plusieurs années avec le titre « je ne sais pas » sur la désormais fameuse compile CQFD des inrocks. Pourquoi ce titre, pour ma part « tubesque », n’a pas été intégré dans l’album ?
A la fin du processus de « Forty Love », nous avons fait une liste de tous les morceaux pour le tri final. Cela a été un peu dur de le laisser tomber mais il tournait depuis longtemps et nous avions envie de sortir de la matière fraîche. Nous n’étions plus vraiment en phase avec ce titre. Le côté « yéyé » nous a un peu lassés… C’est l’antithèse de ce vers quoi nous voulons aller maintenant. Il y aura probablement plus d’anglais dans la suite… Mais il était « tubesque », certes… (si notre manager lit ça…!).

Maintenant que toute la presse sait que vous voulez racketter la House, peut-on dire que c’est chose faite aujourd’hui ?
Nous respectons énormément cette scène, en tout cas les pionniers… Mais nous n’avons, au final, racketter personne car nous ne faisons pas de house. Nous essayons de créer notre style même s’il est parfois difficile de s’affranchir de ses influences. C’était avant tout un jeu de mot débile entre potes avant d’être une vraie démarche avec revendications et étendards… peut être qu’un jour les kids racketteront Housse de Racket ? La boucle serait bouclée, ce serait cool !

Gwendoline c’est, comme vous le dites si bien, la représentation de l’amour. Vous avez dû en trouver beaucoup des « Gwendolines » depuis la sortie du disque, non ?
On leur a même fait réviser leur brevet…

Vous jouez sur la scène des Francofolies, un grand rendez-vous de l’été. A quoi le public de Housse de Racket doit-il s’attendre lors de votre concert?
Housse de Racket est un groupe de scène. C’est là que le public peut comprendre le mieux ce qu’est Housse de Racket. Nous n’allons pas jouer « Oh yeah » pendant une heure… Dans nos sets live, il y a des hauts et des bas, c’est beaucoup plus psychédélique et sauvage que sur le disque… mais c’est hyper bien pour fêter son brevet !

Propos recueillis en Juillet 2009 par Thomas « Jankev » GUEZOU pour Paplar et les oreilles de Jankev .

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