by

Violens, bourrasque au festival des Inrocks

Tous les ans au début du mois de novembre, le festival des inrockuptibles, spécialiste du défrichage de musique passe par Nantes. Parmi les nombreuses découverte que proposait le festival, un groupe a retenu mon attention. Violens, le groupe New-Yorkais qui monte a accepté de m’accorder quelques minutes pour parler d’utopie musicale, de l’album du groupe, d’amitié et comme Caroline Polachek… de fromages !

JANKEV : Initialement, « The Big Pink » étaient programmés. Vous les remplacez ce soir, comment avez-vous pris cette invitation au festival des inrockuptibles( Festival dénicheur de talents) ?
VIOLENS : On est très content d’être à Nantes ce soir. Mais nous ne savions pas que nous remplacions The Big Pink en fait….

JK : Sur le net, vous avez mis à disposition du public une mixtape assez complète, comportant des titres issus de vos maxis, des remix, des versions inédites de morceaux de violens… Comment vous vous situez concernant le piratage musical, le téléchargement… ?
V : Il est temps que nous puissions entrer dans une époque où tout (ou presque) deviendrai gratuit et où les musiciens gagneraient leur vie, en faisant une bonne carrière en laissant leur musique totalement libre. Certes nous n’y sommes pas encore, mais nous l’espérons.


JK : Mais comment est-ce que vous pensez faire une carrière sans vendre vos morceaux, vos albums ?
V : Déjà, une chose, c’est excellent que les maisons de disques aient perdu le contrôle de la musique. Maintenant, c’est l’artiste qui contrôle! Désormais, ce qui est intéressant, c’est de trouver comment faire pour travailler sans le soutien, sans la large communication des maisons de disques ! Quoiqu’il arrive, la bonne musique sera toujours gagnante, il y aura toujours des fans, et de toute façon, la musique a besoin d’être entendue quoiqu’il se passe ! Mais tu vois, si nous avons de vrai fans, il y a toujours des choses qui ne peuvent pas être gratuit, comme les places de concerts, les t-shirts, les affiches… Après on pourrai imaginer, une sorte d’abonnement mensuel qui donnerai accès à un site où les groupes mettraient a disposition des souscripteurs des remix originaux, des morceaux…Aussi avec l’ouverture de la musique, on pourrait aussi envisager de vivre via le sponsoring, gagner de l’argent via d’autre formes, comme faire de la musique de publicité…

JK : Sur plusieurs de vos morceaux, on a l’impression de passer de la noise pop, très dure, avec de grosses guitares à une musique beaucoup plus accessible, très pop…Finalement, vous la définissez comment musique ?
V : En fait, c’est quelque-chose que j’aime depuis longtemps. J’aime beaucoup brouiller les pistes, emmener l’auditeur sur des chemins tout tracés puis changer brusquement. C’est une sorte de devise que beaucoup de vieux groupes psychédéliques des années 70 utilisaient. Je pourrais comparer mes chansons à une montagne russe, où les directions changent, tranquille une seconde puis effrayant pendant une autre, lors d’une montée par exemple. Dans la surprise, c’est justement le côté amusant qui me plait.

JK : Et votre album ? Où en est-t-il ?
V : A ce jour l’album est terminé mais nous retournons toujours en studio pour le peaufiner…Pour info, quatre morceaux de l’album sont déjà sur la mix-tape. L’album sera en vente l’été prochain.

JK : Caroline Polachek du groupe Chairlift, a réalisé pour vous un clip (Already Over), un featuring sur le titre « Warm Collision », et elle est avec vous ce soir pour le festival des inrocks, Qu’est-ce que Caroline représente pour vous ?
V : Caroline est une camarade créative, une très bonne amie. Elle vient de finir la tournée Chairlift et passe encore quelques jours en France avec nous. Si tu veux, elle nous donne un coup de main. Ce soir, après le concert, elle sera avec nous au merchandising par exemple, mais elle sera aussi aux lumières…

JK : Comme les MGMT, Chairlift, St Vincent, ou les Grizzly Bear, vous venez de New-York. C’est plus facile pour des groupes de travailler dans cette ville ?
V : A New-York, il n’y a pas plus de moyen matériels que dans une autre ville, mais ce qu’il y à là-bas et nul par ailleurs c’est une sorte d’alchimie d’énergie créative. Il est plus facile de travailler dans cette ville, on se croise souvent entre artistes, on peut travailler ensembles, jouer ensemble. Ceci dit, les choses changent, dans les années 90, la ville qui marchait beaucoup était Seattle, aujourd’hui c’est New-York.

JK : Dans la presse, vous avez avoué avoir joué votre plus gros concert en première partie des MGMT et des YEASAYER. Comment avez-vous eu la chance d’y parvenir ?
V : Les MGMT nous ont demandé de faire un remix de leur morceau « Hard to pretend ». Ils étaient fan du groupe de Jorge Lansing Dreiden. En règle générale les remix sont faits sans les artistes, mais là, Jorge a invité MGMT à travailler sur le remix dans son studio et ils sont donc venus pour travailler les lignes de voix. C’est de cette manière que Jorge et eux se sont rencontré, et les a invité à un concert de Violens, ils ont aimé. Pour un concert, ils avaient besoin d’un groupe, ils ont choisi Violens. S’en est suivi une tournée avec eux !

JK : Vous êtes en France pour une très courte durée, on vous revoi quand en France ?
V : Il faudra attendre la sortie de l’album. En ce moment, c’est compliqué avec les maisons de disque, sans album à vendre.

JK : Comme Chairlift, vous êtes admirateur de notre gastronomie. C’est moins bon à New-York ?
V : Et bien, on ne va pas se plaindre, de toute façon, il y a des restaurants Français. Mais, c’est toujours mieux en France.

JK : Dans le risque de passer pour un naze…Que veut dire violens ?
V : Tu vois « Violons » et « Violence ».

JK : Je vois, excellent !…
V : Et ouai mec t’as tout compris !


Interview réalisée en Nov. 2009 au festival des Inrocks par Thomas « Jankev » GUEZOU pour les Oreilles de Jankev.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *